Chez moi, c’est… hors de ma zone de confort…

Il me regardait, agacé.

– Mais qu’est-ce que tu vas encore écrire? Et pour qui? J’te comprends pas.

Je me mis à sourire et puis à m’esclaffer.

– Mais c’est pour moi que j’écris, cette fois! Ca fait 10 ans que j’écris pour la famille, pour les amis, aujourd’hui je veux écrire pour moi et me lancer un défi. C’est une autre étape. Je veux que ce que j’écris soit lancé sur la place publique, torturé, retourné, critiqué. Pas son contenu, non, je ne veux pas débattre. Mais je veux que les gens qui me lisent s’évadent avec moi, voyagent à mes côtés et sentent les odeurs que je décris.

Il me regarda à nouveau fixement, en fronçant les sourcils. Je sentis dans son regard qu’il ne me comprenait pas. Quelque chose lui échappait. Peut-être n’avait-il jamais lu mes textes. Peut-être les avait-il lus et détestés.

– Qu’est-ce qui te tourmente, lui demandai-je. Tu veux me protéger? Tu crois que je fais une erreur?

– Mais non, tu es assez grande, je ne conçois juste pas qu’on veuille rendre publiques ses histoires, qu’on veuille se mettre à nu, alors qu’on travaille dans des contextes politiquement compliqués, pour une organisation qui se veut neutre, indépendante et impartiale ce qui, du coup, limite ton champ d’action, et puis… je sais pas moi… c’était pas plus pépère d’écrire tes posts sur tes vacances ou ta journée et d’envoyer le lien et les photos à ta famille? Pourquoi tu te compliques la vie? Va falloir assurer avec tes lecteurs!

Il n’avait pas tort. J’allais devoir assurer. Mais je préfèrais inverser la pression: je voulais que ce soit les lecteurs qui assurent avec moi. Je relève le défi d’ouvrir mon laboratoire, de tester sur le monde extérieur mes écrits, de sortir de ma zone de confort et en échange je demanderais au public de me soutenir, me critiquer, m’encourager.

Il finit par soupirer, hocher la tête, et son regard changea. Tendrement, il mit sa main sur mon épaule et me chuchota:

– De toute façon, tu n’en fais toujours qu’à ta tête… Je serai ton plus fidèle lecteur. Mais je te préviens, à la première faute d’orthographe tu m’invites au resto!

Avec son soutien, je n’ai plus peur, plus de doutes, plus que des envies et la plume qui me gratte… je veux inviter le monde entier à s’asseoir dans mon laboratoire et faire virevolter les mots, les étriquer et les disséquer et… chers lecteurs… vous laisser pour seuls juges.

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Céline
De la naissance à l'âge "adulte" en passant par l'adolescence, la planète a toujours été un petit mouchoir. Des parents nés en Afrique, des premiers émois vécus en Amérique Latine, des études "internationales" et puis un travail qui m'emmènent aux quatre coins du globe. Mais le retour est toujours le même: La Belgique. Avec ses bières, ses guerres intestines et sa pluie, ce sera toujours chez moi.
Céline

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  4 comments for “Chez moi, c’est… hors de ma zone de confort…

  1. chico
    27 septembre 2014 at 10:39

    je vais tenter de suivre plus sérieusement ce Blog-ci ! si tu préviens sur face de chèvre chaque fois que tu écris dedans,promis j irai voir. bonne route scripturale !

  2. Nala
    27 septembre 2014 at 13:58

    J’ai aimé dès les premiers mots et la suite ne m’a pas déplue… C’est un petit bout de toi que je garde près de moi malgré les kilomètres… Alors j’attends impatiemment la suite… Biz ma belle et à très vite !

  3. Véro
    27 septembre 2014 at 17:22

    Challenge accepted !! 😉

  4. Virginie Flamen
    11 novembre 2014 at 23:19

    Je trouve ça …juste excellent. ..

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